Réduire les caractères Augmenter les caractères Augmenter les contrastes Imprimer

Affichage détaillé (Toute l'histoire du département)


Le tourisme et la Manche

Le 23/09/2021 par Marjorie Groult, Alexia Chenel

Depuis le milieu du XIXe siècle, le département de la Manche attire les touristes parfois venus de loin pour le visiter. Sa proximité avec la mer, ses paysages variés, du littoral au bocage, ses monuments et son histoire font de lui une destination attractive.

Il offre en effet de multiples possibilités aux visiteurs, qu'ils soient en quête de nature, de bains de mer, de patrimoine ou de culture. Ainsi, les communes littorales sont les premières à avoir bénéficié de la présence des touristes.

La naissance des bains de mer au XIXe siècle – encouragés par les médecins pour soigner des maux tels que la tuberculose – a suscité à la création de plusieurs stations balnéaires dont la plus importante est celle de Granville. Si celle-ci a vu le jour pendant la monarchie de Juillet, d’autres apparaissent par la suite sur la côte : Barneville, Carteret, Hauteville-sur-Mer, Coutainville, Hauteville‑sur-Mer, Saint-Pair-sur-Mer, Jullouville, Carolles. Des plages sont aménagées comme Donville-les-Bains en 1924, Kairon-Plage en 1935, ou encore Pirou-Plage. Elles sont parfois dotées de cabines et des digues promenade sont également construites.

Des hôtels et villas sont érigés tout près de la mer. En 1938, la Manche compte sur son littoral une soixantaine d’hôtels d’une capacité de 4000 chambres. Des colonies de vacances et des auberges de jeunesse sont aussi ouvertes. Les touristes peuvent s’y livrer à des activités annexes grâce à l’aménagement d’hippodromes, de casinos, de terrains de golfs ou la création de centres commerciaux.

Le tourisme dans la Manche, 20 Fi 1294 

L’essor des transports au XIXe siècle réduit les distances et rapproche le département de Paris mais aussi de pays étrangers. Le développement des lignes ferroviaire permet à la bourgeoisie parisienne de se déplacer plus aisément vers les côtes normandes. Les lignes Paris-Cherbourg et Paris-Granville sont respectivement mises en service en 1848 et 1870. Le Mont Saint-Michel bénéficie au début du XXe siècle d’une ligne le reliant à Pontorson. Les voyageurs étrangers peuvent débarquer des paquebots qui assurent les liaisons transatlantiques ou transmanches, et qui font escale à Cherbourg, tels le célèbre Titanic, le 10 avril 1912. La modernisation des moyens de transport, la création des autoroutes après la seconde guerre mondiale, favorisent les déplacements des vacanciers, de plus en plus nombreux.

L’instauration des congés payés en 1936 par le Front populaire a accéléré une diffusion des pratiques touristiques dans les toutes les couches de la société et une forte augmentation du nombre d’estivants à partir des années 1950. De nombreuses structures dédiées ont vu le jour avec la création des premiers syndicats d’initiative, l’ouverture des offices de tourisme. Ces organismes ont produit divers supports de communication ayant pour objectif d’attirer les voyageurs en leur donnant un aperçu des sites remarquables, richesses et évènements du département : affiches, brochures et guides touristiques se sont ainsi multipliés au fil des années.

Le tourisme dans la Manche, 200 Fi 1

La Manche comporte également plusieurs sites d’exception, dont le plus important est le Mont Saint‑Michel, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979. Sa fréquentation, estimée à 100 000 visiteurs par an en 1900, dépasse aujourd’hui les trois millions. Mais il est loin d’être le seul lieu remarquable : d’autres monuments tels que l’abbaye d’Hambye, la cathédrale de Coutances, les châteaux, les manoirs, certaines villes telles que Valognes – le « Versailles normand » –, ont attiré, dès le XIXe siècle, les archéologues, historiens, érudits, artistes et écrivains parfois célèbres à la recherche de vestiges historiques.

De surcroît, il existe un tourisme événementiel, c’est-à-dire lié à de grands évènements qui rayonnent au-delà du Cotentin. En 1911, par exemple, la Manche organise de grandes célébrations à l’occasion du millénaire normand. De nos jours, le carnaval de Granville – classé à l’UNESCO depuis 2016 – ou les festivals de musique – Jazz sous les Pommiers, les Traversées de Tatihou, Les Papillons de nuit – drainent un public nombreux.

Une dernière forme de tourisme, enfin, a pris son essor aux lendemains de la seconde guerre mondiale, le tourisme de mémoire. Soutenu par les pouvoirs publics depuis 1945, alimentés par les commémorations et le cinéma, on vient du monde entier pour visiter les  sites du débarquement et de la bataille de Normandie, les musées et lieux de mémoire ou encore participer aux cérémonies et festivités.

Aujourd’hui, la Manche continue de développer son attractivité, et s’adapte aux nouvelles envies des touristes : elle propose par exemple de nombreuses activités sportives, des circuits de randonnées (le fameux sentier des douaniers). La collectivité valorise également son terroir via sa gastronomie et ses savoir-faire. L’offre culturelle est encore plus diversifiée : de nombreux festivals, foires et lieux de visites s’offrent au public. Un grand nombre de résidences secondaires sont recensées dans le département, faisant vivre une partie de l’économie locale.

Cette bibliographie, non exhaustive, vous propose quelques pistes et ressources qui vous permettront de découvrir notre belle région et notre département mais aussi l’histoire du tourisme et de son développement.

Illustration 1
Le tourisme et la Manche, 109 Num 786