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Émile Littré

Le 29/01/2021 par Marjorie Groult

Plusieurs oeuvres et documents sur Émile Littré sont conservés aux Archives de la Manche, des ouvrages de la bibliothèque, bien entendu mais aussi des pièces iconographiques et quelques lettres envoyées ou reçues par cet illustre Manchois.

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Le 1er février 1801, naît à Paris le célèbre Émile Littré, médecin et lexicographe renommé. S’il n’a jamais vécu dans la Manche, il y trouve néanmoins ses racines : son père, Michel-François, est né à Avranches. Ce dernier, après avoir été sergent dans l’infanterie de Marine, s’installe à Paris et entame une carrière dans l’administration des finances de la ville. Émile Littré grandit ainsi dans la capitale, dans une famille républicaine, et se nourrit de la riche bibliothèque de son père. Très jeune, il étudie les langues étrangères telles que le grec, le latin, l’arabe ou encore le sanscrit. Il lit également l’anglais, l’allemand, l’italien et l’espagnol. A 16 ans, il emporte le premier prix de discours français du concours général.

En 1822, après avoir longuement hésité entre l’École polytechnique et l’École des chartes, il s’oriente finalement vers des études de médecine qu’il mène brillamment. Il renonce cependant à passer son doctorat à la suite du décès de son père survenu en 1827. Il doit alors subvenir aux besoins de sa famille, et donne des cours de grec et de latin. Il n’en oublie pas pour autant la médecine : il se lance dans la traduction des œuvres d’Hippocrate, médecin grec né en 460 avant Jésus Christ, considéré comme le père de la médecine. Dix volumes sont ainsi publiés. Il entame en parallèle une carrière de journaliste, écrivant des articles touchant à plusieurs disciplines telles que la médecine, l’histoire ou la politique. Il collabore notamment à la Revue des deux mondes, mais aussi au National, journal quotidien libéral et républicain auquel il collabore pendant 20 ans.

Véritable républicain, il participe aux Trois Glorieusesen juillet 1830. Il est conseiller municipal de la ville de Paris en 1848. En 1871, il est élu député de la Seine, rôle qu’il occupe jusqu’en 1876, puis sénateur de 1875 jusqu’à sa mort en 1881. Sur le plan philosophique, il est considéré comme un ambassadeur du positivisme, courant créé par Auguste Comte, rencontré en 1840, qui consiste à soumettre toute activité et connaissance aux faits et à l’expérience qui, eux-seuls, permettent de les expliquer. Littré, dans sa biographie consacrée à Auguste Comte, le décrit ainsi :

« La philosophie positive est l’ensemble du savoir humain, disposé suivant un certain ordre qui permet d’en saisir les connexions et l’unité et d’en tirer les directions générales pour chaque partie comme pour le tout. Elle se distingue de la philosophie théologique et de la philosophie métaphysique en ce qu’elle est d’une même nature que les sciences dont elle procède, tandis que la théologie et la métaphysique sont d’une autre nature et ne peuvent ni guider les sciences ni en être guidées ; les sciences, la théologie et la métaphysique n’ont point entre elles de nature commune. Cette nature commune n’existe qu’entre la philosophie positive et les sciences […]. »

Mais son œuvre la plus célèbre, qui fait encore aujourd’hui sa renommée, reste sans aucun doute le Dictionnaire de la langue française. Cet ouvrage monumental sur lequel Émile Littré commence à travailler en 1841 (il a alors 40 ans), ne se termine qu’en 1872. Il s’agit au départ d’une demande de son ami éditeur Louis Hachette. Le travail de rédaction dure de 1847 à 1865, et les premiers fascicules sont publiés en 1863. L’impression du dictionnaire et sa publication sont interrompus quelques mois, en 1870 et 1871, pendant la guerre franco-prussienne. En effet, pour préserver son œuvre des opérations militaires, l’auteur fait mettre à l’abri, dans les caves de sa maison de campagne, les caisses contenant les milliers de pages la constituant. Au total, quatre volumes sont ainsi publiés, et font la gloire d’Émile Littré, suscitant un fort intérêt auprès du public. Comme reconnaissance ultime, il entre à l’Académie française en 1871.

Il ne s’agit pas de la seule publication de l’auteur : en 1855, il publie avec Charles-Philippe Robin et Pierre-Hubert Nysten un Dictionnaire de médecine, de chirurgie, de pharmacie, des sciences accessoires et de l'art vétérinaire. Il participe également à la rédaction de deux tomes de l’Histoire de la langue française, et publie de nombreuses traductions, essais philosophiques et articles.

Plusieurs œuvres et documents sur Émile Littré sont conservés aux Archives de la Manche, des ouvrages de la bibliothèque, bien entendu mais aussi des pièces iconographiques et quelques lettres envoyées ou reçues par cet illustre Manchois.

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