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Découverte, par le curé de Chasseguey, d'un mémoire historique et généalogique, le 7 mars 1715

Le 14/11/2016

Exercice de paléographie #3 2016-2017 donné à l'occasion des ateliers d'initiation à la paléographie

 

Illustration 1

 

Transcription

source : Arch. dép. Manche, registre paroissial de Chasseguey


(Pagination du volume : 120 ; foliotage : 8e, avec paraphe)[1].

(En marge : Memoi / re ; en remontant : « dernier. Signé : de Vaufleury, avec paraphe »).

L’an mil sept cent quinze, le 4e jours (sic) de mars, il m’est /2 tombé un ancien mémoire entre les mains, dans lequel j’ay /3 remarqué qu’il y a deux cent vingt et (en interligne : neuf) ans[2] qu’Anthoinnette / 4 de Monchy[3], veufve de Gilles de Carbonnel, seigneur /5 de Chasseguey[4], etc., fit batir l’eglize et le clocher de cette /6 paroisse de Chasseguey qui etoit auparavant, suivant /7 l’ancienne tradition, dans le haut du jardin de la ferme du /8 Tertre, comme on en voit encore de vieils vestiges. /9

J’ay aussy remarqué, par ce même mémoire, que (en interligne : de) ce Gilles /10 de Carbonnel et d’Anthoinnette de Monchy sortit Jacques /11de Carbonnel, qui epousa Anne de Chaumont, /12 qui eurent une fille unique nommée Anthoinnette de Carbonnel /13 qui epousa N. de Chivré[5], marquis de La Barre, qui /14 etoit de la religion pretendüe reformée[6] ; de leur mariage sortit /15 Anne de Chivré qui epousa Anne Valée[7] ; laquelle veufve /16 dudit Anne de Chivré achetta la maison presentement servant /17 de presbitaire et l’aumona[8], comme possedante l’ancien presbitaire. /18

(En marge : Maria /ge).

Le mardy 8e jour de janvir (sic) 1715, Jean Baptiste /19 Talvende, fils de feu maitre Jacques Talvende, advocat, /20 epousa dans l’eglize de Montigny[9] damoiselle /21 Marie Martin, de Saint Manvieu[10], /22 aux presences de temoins suivant l’ordonnance. (Signé, à la fin de la ligne précédente :) J. Couetil (avec paraphe).



[1] A l’origine, le feuillet, laissé blanc, avait été rayé « en vagues ». Le haut sera utilisé pour une addition en livres, sols et deniers ; enfin, la page servira à consigner notre « mémoire » puis un mariage extérieur.

[2] Denis Lethimonnier démontre que le curé a mal transcrit une date : 1486 est impossible car Antoinette de Monchy naquit après 1531 (les deux traités de mariage de son père sont connus). Il conviendrait alors de rectifier en « 1586 » soit 129 ans avant notre acte. Nombreux détails familiaux dans Hippolyte Sauvage, Gilles Carbonnel, vicomte de Vire, et son fils Gilles Carbonnel, capitaine de Vire, 1493-1556, 1881).

[3] Ou « de Mouchy ».

[4] Ancien canton de Juvigny-le-Tertre.

[5] Le « N » n’est pas l’initiale du prénom mais l’indication qu’on ne le connaît pas ; il s’agit d’Henri, dont le mariage fut célébré en 1619 (André JOUBERT, Une famille de seigneurs calvinistes du Haut-Anjou, les Chivré, marquis de La Barre de Bierné, XVIe-XVIIIe siècles, 1887, p. 34).

[6] Ou « R.P.R. » = protestante ; par opposition à « R.C.A.et R. » (catholique, apostolique et romaine).

[7] Anne était surtout un prénom féminin, mais quelques familles (Montmorency, Tourville) le décernèrent à des garçons.

[8] La donna en aumône au clergé de la paroisse. Cependant, le verbe « aumôner » se trouve dans les dictionnaires anciens au sens de « donner par aumône en vertu d’une condamnation judiciaire » (Napoléon Landais, 1859).

[9] Ancien canton d’Isigny-le-Buat.

[10] Probablement « Saint-Manvieu-Bocage », ancien canton de Saint-Sever-Calvados.