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Conseils pour la réalisation d'un instrument pour la pêche

Le 13/11/2017

Exercice de paléographie #3 2017-2018 donné à l'occasion des ateliers d'initiation à la paléographie

 

Illustration 1

 

Transcription

source : Arch. dép. Manche, registre paroissial de Saint-Aubin-de-Terregatte


La regle et metode de faire un bon /2 perche[1]. Premierement, pour faire la /3 toille[2], fault du fil de lin fillé, comme /4 fil de quattre aulnes, et la fault /5 commenser sur quatre vingt trois ou /6 quattre melles[3] et qu’elle ait de long /7 dix huict piés de Roy, affin que le perche /8 ait dix piés de pesche[4] et, s’il en a unze /9 ou douze, il faut que la toille ait /10 vingt piés. Pour en faire l’airmail[5] /11 il le faut commenser de vingt deux /12 melles et huict neutz[6] de long et faut/13 que le moulle[7] soit d’une aisette[8] de la /14 largeur comme l’exemple du foillet suivant[9]. /15 Il faut pour le plomber unne livre /16 et demie ou plus de plomb. Pour le monter, /17 il faut un petit cordeau qui soit passé /18 au sircuit (sic) de toutte la toille et un gros /19 qui environne tout. Il faut autant de /20 petitz paletz que l’armail a de melles, (2e page) qu’il faut tenir au droit par toutes icelles /2 puis mettre la toille a legail desus, prenant a /3 chacun des paletz le petit cordeau sans /4 aucune des melles et mettre l’autre armail /5 desus puis lier le tout ensemble par tous les /6 paletz et entre deux et au hault a la gaule /7 mettre viron douze ou traze hardelons[10] /8 de bois presque deux piés le bout de hault que/9 faut lier a la gaule[11].



[1] Perche est un terme trop général pour nous être d’un grand secours. Notons cependant un des sens de « perchette » dans le domaine de la pêche : « Filet plat, monté sur un cercle de fer ou de bois, et garni d’un poids assez lourd pour le maintenir au fond de l’eau. On le nomme aussi balance » (Dictionnaire de Napoléon Landais, éd. De 1859, complément).

[2] Toile est un terme également très général ; mais, toujours dans le domaine de la pêche, on trouve : « Nappe fine qui se trouve entre les hamaux des filets en tramail » (Ibidem). Les hamaux étant la nappe de tramails à large mailles.

[3] Les melles (prononcer « mêles » ou « mesles ») désignent encore, chez les tricoteuses, les rangs de fil ou les mailles.

[4] Ce dispositif, d’environ 5,50 - 6 mètres de long dispose donc de 3 mètres pour attraper le poisson.

[5] Airmail, armail (ligne 20 et 2e page) : peut-être à rapprocher d’armille ou armeille (bracelet, anneau) pour Godefroy, vol. 1, p. 401).

[6] « On constate la grandeur des mailles d’un filet en comptant combien il y a de nœuds dans une certaine longueur, comme, par exemple, d’un pied » (Jacques Lacombe, Encyclopédie méthodique. Arts et métiers mécaniques, Tome II, 1789, p. 820).

[7] Le moule des mailles est un cylindre de bois [crayon, manche à balai…] qui détermine par sa grosseur la largeur de la maille qu’on travaille dessus. Il y a aussi des moules carrés (Lacombe, ibidem).

[8] Aissete ou aissette : petite planche ou tablette (Dictionnaire de Godefroy, vol. 1, p. 200).

[9] On pourrait croire que « l’exemple du feuillet suivant » n’a pas été joint ou a été perdu ; il n’en est rien : le haut de la deuxième page est vierge à l’exception de deux traits horizontaux parallèles espacés de 11 cm. C’est vraisemblablement le gabarit pour la planchette.

[10] Hardelons ou hardilons : Hardeillon : petite hart, petite corde, cordon (Godefroy, vol. IV, p. 418).

[11] On comprend dans ses grandes lignes le dispositif : la balance, l’araignée, le carrelet en sont des variantes. Par contre, nous ignorons s’il est adapté plus spécifiquement à la rivière, à l’embouchure de fleuve ou à la mer.