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6 juin 1944, un coréen fait prisonnier à Utah Beach

Le 06/06/2019 par Jérémie Halais

Connaissez-vous cette histoire ? En juin 1944, un jeune soldat, portant un uniforme allemand, se rend aux Américains, pendant le Débarquement en Normandie. Au début, les GI's le prennent pour un Japonais, mais, en réalité, il est coréen et s'appelle Kyoungjong Yang.

"En 1938, à l'âge de 18 ans, il avait été recruté de force par les Japonais pour leur armée du Kwantung, en Mandchourie. Un an plus tard, il avait été fait prisonnier par l'Armée rouge après la bataille de Khalkhin Gol et envoyé dans un camp de travail. En 1942, les autorités soviétiques étant confrontées à une crise des effectifs, il fut mobilisé, comme des milliers d'autres déportés. puis, dans les premiers mois de 1943, il fut fait prisonnier par l'armée allemande pendant la bataille de Kharkov, en Ukraine. En 1944, désormais sous l'uniforme allemand, il fut affecté en France, avec un Ostbataillon censé renforcer les troupes du mur de l'Atlantique, et se retrouva [dans] le Cotentin [...] à quelques kilomètres d'Utah Beach. Après avoir passé un temps dans un camp de prisonniers en Grande-Bretagne, il partit pour les États-Unis, où il ne révéla rien de son passé. Il s'y installa et mourut finalement dans l'Illinois en 1992" (Antony, Beevor, La seconde guerre mondiale, 2012, p. 9).

Les Archives de la Manche conservent une photographie de Kyoungjong Yang réalisée en juin 1944, peu de temps après qu'il ait été fait prisonnier par les troupes américaines débarquées à Utah Beach.

Illustration 1
Kyoungjong Yang fait prisonnier le 6 juin 1944 sur la plage d'Utah Beach (Archives de la Manche, 13 Num 121)

Un film à grand spectacle inspiré d'une histoire vraie

Sorti en 2011, le long-métrage coréen, Far away : les soldats de l'espoir, s'inspire de cette histoire vraie pour raconter celle de deux jeunes sportifs, l'un coréen, Jun-shik, et l'autre japonais, Tatsuo Hasegawa, d'abord rivaux et ennemis, qui deviennent amis après avoir combattu ensemble de la Mongolie aux plages normandes. Si le film constitue assurément une oeuvre de grand spectacle, il faut néanmoins regretter les trop nombreuses libertés qu'il prend avec le fait historique.