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Montgomery tue le roi Henri II en tournoi

Le 30/03/2017 par Jérémie Halais

Focus sur un événement célèbre de l'histoire de France, l'accident mortel du roi de France Henri II, involontairement blessé lors du tournoi de juin 1559 par Gabriel de Lorges, comte de Montgomery et seigneur de Ducey.

C'est en effet durant ce tournoi, organisé en l'honneur du mariage d'Élisabeth, fille du roi, avec Philippe II d'Espagne, que Montgomery transperce l'oeil du souverain avec sa lance. Le roi agonise dix jours durant et meurt le 10 juillet malgré les soins prodigués par son médecin, Ambroise Paré. Bien que pardonné par le roi sur son lit de mort, le régicide involontaire s'enfuit alors à Jersey, conscient de la haine tenace que lui voue désormais la reine mère Catherine de Médicis.

Vers la Saint-Barthélémy

Les règnes troublés des fils de Henri II, François II (1559-1560), Charles IX (1560-1574) et Henri III (1574-1589), sont marqués par les guerres de religion durant lesquelles s'affrontent le parti royal mené par Catherine de Médicis, la faction catholique des Guise, et les protestants (ou "huguenots"). C'est le 1er mars 1562 qu'éclate la première guerre de religion après l'attaque menée à Wassy en Champagne par des hommes du duc de Guise contre des protestants. En Basse Normandie, le parti huguenot s'organise autour de Montgomery, converti au protestantisme durant son exil à Jersey, et le parti catholique derrière le lieutenant général Jacques Goyon, baron de Matignon, comte de Torigni. Dès lors, le conflit oppose régulièrement les deux hommes, à coup de prises et d'abandon de places fortes, d'escarmouches et de batailles. En effet, après la diffusion des idées protestantes, de petits groupes de fidèles se sont formés dans tout le royaume, y compris en Normandie, qualifiée, dès 1530 de "petite Allemagne".

Mettant officiellement un terme à cette première guerre, l'édit d'Amboise (19 mars 1563) n'empêche pas les affrontements qui éclatent fréquemment dans la région parisienne et dans le sud-ouest. En août 1570, l'édit de Saint-Germain-en-Laye impose une nouvelle paix et permet à l'amiral de Coligny, l'un des principaux chefs du parti protestant, d'affirmer son ascendant sur Charles IX. Le conseiller cherche l'apaisement et pour cela prépare la guerre à l'extérieur contre l'Espagne. Catherine de Médicis, inquiète de cette politique, se rapproche alors des Guise. Ceux-ci commanditent l'assassinat de Coligny alors que la noblesse protestante converge sur Paris pour assister au mariage de Henri de Navarre (le futur Henri IV) avec la soeur du roi Henri III, Marguerite. Dans la nuit du 23 au 24 août 1572, afin de prévenir toute réaction protestante, le parti catholique organise le massacre de la Saint Barthélémy et ravive la guerre.

Les sièges de Saint-Lô, Domfront et Carentan

Début mars 1574, Montgomery et ses hommes occupent Saint-Lô où ils sont bientôt encerclés, le 27 avril, par les troupes catholiques de Matignon qui s'empare de la place le 10 juin. Montgomery, qui a pris la fuite, est finalement capturé à Domfront puis décapité à Paris, le 26 juin 1574. Les archives disposent de deux rares exemplaires d'ouvrages du XVIe siècle relatant le siège de Saint-Lô et la prise de Domfront et de Carentan.

Illustration 1
Détail d'une estampe "Tournoi ou le roi Henry II fut blessé à mort", XVIe siècle (Archives de la Manche, 1 Fi 6/293)