La guerre des haies et la prise de Saint-Lô, 27 juin-24 juillet
Le 04/07/2019 à 09h40 par Archives Manche
Résumé

Après la prise de Cherbourg, les Américains rencontrent un nouvel ennemi dans leur progression vers le centre Manche : le bocage normand. En effet, l’enchevêtrement de haies, de talus et de chemins creux est un terrain favorable pour des soldats aussi aguerris que les Allemands.Les libérations de La Haye-du-Puits et de Saint-Lô, respectivement les 9 et 18 juillet, sont le résultat de combats difficiles et meurtriers.

 

Le 30 juin, les deux tiers du département sont encore sous contrôle allemand. Les Américains, qui ont fait leur jonction avec les troupes débarquées à Omaha-Beach, disposent maintenant avec Cherbourg d’un port en eaux profondes, qu’il faut cependant restaurer. La première armée doit progresser dans le bocage avec pour objectifs La Haye-du-Puits, à l’ouest, et surtout Saint-Lô.

La libération de La Haye-du-Puits

La bataille de La Haye-du-Puits est particulièrement meurtrière. Déclenchée à partir de Saint-Sauveur-le-Vicomte, elle dure près d’une semaine en raison de la forte concentration de troupes allemandes sur les collines fortifiées qui entourent la localité et d’une pluie battante empêchant toute intervention de l’aviation. Lorsque, dans la nuit du 8 au 9 juillet, la 90e division libère la localité, elle a perdu un homme par mètre libéré. A l’intérieur du bourg, de nombreuses maisons sont détruites et plusieurs civils sont morts. Ces personnes, trop âgées pour fuir, sont complètement sinistrées.

La bataille pour Saint-Lô

Avant d’atteindre Saint-Lô, les Américains doivent progresser à travers le bocage. La pluie et la boue, les chemins creux et surtout les haies transforment l’avance alliée en de multiples luttes aveugles et déprimantes. On parle de « bataille des haies » puisque du côté américain, les gains et les pertes se mesurent en haies et non en « miles ».

 

Véhicule américain près de Saint-Lô, 18 juillet 1944
(Archives de la Manche, 13 Num 559)

 

Face à elles, les troupes américaines trouvent les parachutistes allemands du général Eugen Meindl et la 352e division d'infanterie. Les Allemands devenus experts en camouflage et en fortification de haies. Dans cet enfer du bocage, où l’horizon est très court, les Américains, contraints à d’incessantes attaques, sont en position de faiblesse.

 

Le 12 juin, les troupes américaines sont à cinq kilomètres de Saint-Lô mais elles ne pénètrent dans la ville que le 18 juillet. Via la vallée de la Dollée, les fantassins américains s’emparent de l’important carrefour de la Bascule, que traversent les routes de Torigni-sur-Vire, d’Isigny-sur-Mer et de Bayeux. Mais, les Allemands ont laissé dans les ruines des tireurs isolés et, de plus, leur artillerie harcèle les troupes américaines à partir des hauteurs. La ville n’est vraiment sécurisée que le 25 juillet.

 

Jérémie Halais

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