Saint-Lô bombardée, 6 juin 1944
Le 04/06/2019 à 11h35 par Archives Manche
Résumé

Les archives départementales, Maison de l'histoire de la Manche, répondent à Léo, un adolescent de 14 ans, qui témoigne sur Facebook des événements de l'année 1944, à Cherbourg et à Saint-Lô.

 

Les Alliés pratiquent en Normandie des bombardements systématiques de sites stratégiques : voies ferrées, routes, usines et villes. Eisenhower, commandant en chef des forces alliées en Europe occidentale, espère ainsi paralyser les troupes allemandes et limiter les pertes dans les unités débarquées. De nombreuses villes manchoises sont ainsi touchées : Valognes, Avranches, Montebourg et surtout Saint-Lô.

La journée du 6 juin

Le 5 juin, vers 23 heures, la DCA allemande abat un avion allié qui s’écrase à Baudre. Le 6, à 10 heures, la centrale électrique d’Agneaux est bombardée alors que les réseaux de communication, télégraphe et téléphone, sont endommagés. Des Saint-Lois désobéissent aux ordres allemands leur interdisant de quitter la ville. De petits groupes de parachutistes américains capturés sont amenés à Saint-Lô, au dépôt de remonte.

 

13 heures 30, la BBC appelle les civils à évacuer au-delà d’un rayon de 3 kilomètres. Cet appel n’est malheureusement pas entendu puisque les postes de TSF ont été confisqués depuis mars. Les tracts largués par les avions alliés s’égarent à Couvains, à Bérigny ou à Saint-Jean-des-Baisants. 16 heures 30, une quinzaine d’appareils américains mitraillent et bombardent la gare.

Les bombardements

Dans la soirée débute « la grande brûlerie » (Louis Beuve, poète saint-lois). À 20 heures, des appareils américains, venant du nord, larguent sur le centre de la ville une trentaine de bombes. Alors que les pompiers et les services de la défense passive combattent les incendies, la population se réfugie dans les caves ou dans les abris. Une dizaine de rues sont touchées (près d’un tiers de la ville).

 

La poste de Saint-Lô, place du Champ-de-Mars (Archives de la Manche, 13 Num 783)

 

De 23 heures à 5 heures du matin, les 6 et 7 juin, les vagues se succèdent et opèrent un bombardement plus violent et plus destructeur. Vers 1 heure, 42 détenus, dont de nombreux résistants, trouvent la mort dans le bombardement de la prison. Les bombardiers britanniques lâchent sur la ville des bombes incendiaires à retardement afin de différer tout déblaiement et gêner la circulation d’éventuels renforts allemands. Ces engins de mort sont la source d’une insécurité constante pour les sauveteurs et pour les civils.

 

La petite ville normande connaît encore des journées de feu, les 8, 9, 10, 12 et 22 juin, alors que les Allemands incendient quelques quartiers les 13 et 14 juin. Mais ces bombardements sont moins meurtriers, notamment parce que les habitants ont déjà fui.

 

Jérémie Halais

 

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