“Il avait réussi à fabriquer un poste à galène pour écouter la radio” Léo, 13 avril 1944
Le 01/04/2019 à 10h57 par Archives Manche
Résumé

Les archives départementales, Maison de l'histoire de la Manche, répondent à Léo, un adolescent de 14 ans, qui témoigne sur Facebook des événements de l'année 1944, à Cherbourg et à Saint-Lô.

 

Le poste radio à galène est un récepteur radio, extrêmement simple, fonctionnant sans alimentation électrique. Il est un objet emblématique de l’histoire de la seconde guerre mondiale notamment parce qu’il permet d’écouter clandestinement les émissions de Radio Londres.

La guerre des ondes

Durant la seconde guerre mondiale, la radio est une arme, un puissant outil de propagande et de communication dont la caractéristique est de pouvoir traverser les frontières. Ainsi, c’est de l’antenne de la BBC, la radio britannique, que le général De Gaulle lance son célèbre appel, le 18 juin 1940.

 

Les Allemands et le régime de Vichy interdisent donc « la réception ou l’audition en quelque lieu que ce soit, public ou privé, des émissions radio­pho­niques des postes britanniques ou des autres postes étrangers ou non étrangers se livrant à une propagande anti-nationale ». Les contrevenants risquent « une amende de 200 à 1000 francs et un emprisonnement de six jours à un an » (Le Glaneur de la Manche, 28 octobre 1941).

 

 

À partir de février 1944, les appareils de TSF sont confisqués pour y être conservés tout en restant la propriété des déposants. Là encore, les récalcitrants sont sévèrement punis comme l’illustre le parcours du Saint-Lois Louis Levallois, emprisonné au printemps 1944 pour ne pas avoir livré son poste de TSF.

Les messages de la BBC

Malgré cette répression, les Manchois continuent d’écouter la BBC. A l’été 1941, selon le préfet, « l’état d’esprit de la population est toujours influencé par la radio britannique qui est écoutée partout dans le département et dont les mots d’ordre et les consignes sont souvent suivis et exécutés par un grand nombre d’habitants, spécialement dans les couches jeunes ». Ainsi, le 1er janvier 1941, à 15 heures, toutes les rues de Cherbourg se vident à la suite d’un appel lancé par la BBC. Au printemps 1942, « on voit certains hésitants se tourner, à nouveau, vers Londres ou New-York, alors que d’autres espèrent toujours en la Russie. Il va sans dire que les auditions de la radio étrangère y contribuent largement ». En octobre 1943, la BBC « reste toujours la base de l’information des Français, ces derniers n’écoutant la radio de Vichy que pour des événements strictement intérieurs. […] L’opinion publique a de plus en plus tendance à suivre et à croire les conseils qui lui sont lancés par la radio anglaise ».

 

En ce printemps 1944, beaucoup, parmi les civils, ne comprennent pas les messages codés diffusés sur les ondes mais les membres de la résistance sont, quant à eux, à l’affût du signal qui leur donnera le feu vert pour passer à l’action, le jour du débarquement.

 

Nicolas Bourdet et Jérémie Halais

 

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