“Nous avons connu notre record d’alertes aériennes en une journée” Léo, 26 avril 1944
Le 13/02/2019 à 12h08 par Archives Manche
Résumé

Les archives départementales, Maison de l'histoire de la Manche, répondent à Léo, un adolescent de 14 ans, qui témoigne sur Facebook des événements de l'année 1944, à Cherbourg et à Saint-Lô.

 

L’année 1944 est marquée par une importante activité aérienne.

Neuf alertes en une seule journée

De janvier à mai 1944, Jean Pen, élève au collège Leverrier, à Saint-Lô, relève dans son journal 182 alertes, soit une moyenne de 36 alertes par mois, un peu plus d’une alerte par jour. Mensuellement, l’évolution est à la hausse avec 8 alertes au mois de janvier, 3 en février, 23 en mars, 76 en avril et 72 en mai. La journée du 24 avril 1944 constitue une journée record, avec 9 alertes (AD50, 7 J 402, journal de Jean Pen, janv.-juin 1944).

 

 

En mai, le préfet confirme les observations du collégien : « Les attaques aériennes qui étaient devenues plus rares dans la première quinzaine de mars ont repris fin mars, et, au cours du mois d’avril, il y a lieu de noter une intensité plus accrue que celle qui avait été enregistrée jusqu’alors. […] Il faut compter, par exemple, à Saint-Lô, une moyenne de 2 heures et demie à 3 heures d’alerte par jour. Il n’est pas rare de voir en 24 heures la ville de Saint-Lô, comme toutes celles du département, subir jusqu’à 10 à 12 alertes. »

La lassitude des Saint-Lois

Devant la répétition des alertes, les Saint-Lois se lassent. Ils continuent à ne pas respecter les consignes de défense passive. Le 2 mars 1944, alors que la sirène sonne, Mme Flattet observe que « le personnel de la préfecture est en bavardage » et que, « pour tous », il s’agit d’une « récréation » (AD50, 1 Mi 24, journal de L. Flattet, 2 mars 1944). Selon le préfet de la Manche, en avril-mai 1944, à Saint-Lô, « la population ne réagit plus du tout aux alertes sous prétexte que l’activité aérienne, qui se développe chaque jour davantage, ne donne pas lieu à des bombardements ».

 

Jérémie Halais & Nicolas Bourdet

 

 

 

Mots clés : 
Partagez cet article
Commentaires

Seuls les utilisateurs identifiés peuvent laisser un commentaire.

Me connecter à mon compte