“Le Château des Commines réquisitionné et aussi un bunker dans le parc ” Léo, 23 mars 1944
Le 13/02/2019 à 12h05 par Archives Manche
Résumé

Les archives départementales, Maison de l'histoire de la Manche, répondent à Léo, un adolescent de 14 ans, qui témoigne sur Facebook des événements de l'année 1944, à Cherbourg et à Saint-Lô.

 

La ville de Saint-Lô, centre administratif du département subit, entre juin 1940 et juillet 1944, une occupation très dense. 

 

Un Allemand pour dix Saint-Lois

Les effectifs allemands varient avec des phases plus denses, de 1940 jusqu’à la fin de la bataille d’Angleterre, en août 1942 après la tentative de débarquement à Dieppe et durant l’été 1944. En mars 1944, le service de renseignement de la France libre, le Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), adresse un rapport faisant état de 1000 hommes stationnés dans la ville, soit plus d’un allemand pour dix Saint-Lois.

 

Le résulat est que les Allemands s’approprient de nombreux bâtiments publics et privés, à un point tel que le préfet fait le constat d'une crise du logement à Saint-Lô en septembre 1943. L'occupant construit aussi des ouvrages défensifs qui, aujourd’hui encore, marquent discrètement le paysage.

 

Les ouvrages allemands

En juin 1942, l’état-major du LXXXIVe corps d’armée s’installe dans la demeure de M. Henri de Commines. Les Allemands bâtissent dans le parc de la propriété un ouvrage bétonné qui est toujours visible. Après la guerre, le pharmacien Auguste Lefrançois se fera l’écho d’une rumeur selon laquelle un sergent allemand aurait été tué, en 1942, lors de la construction de l’ouvrage bétonné situé dans le parc. Son corps aurait été dissimulé dans le béton (Lefrançois A.-L., Quand les Allemands occupaient la Manche, p. 92). Mais on peut douter de la véracité d’un tel événement qui n’est documenté par aucune autre source. En outre, il est étonnant que la disparition d’un soldat de la Wehrmacht n’ait pas suscité de mesures répressives comme cela a été le cas après l’attentat de la rue des Noyers.

 

Saint-Lô, l'ouvrage allemand, de la place du Champ de Mars (Archives de la Manche, 13 Num 4927)

 

En juillet 1942, les Allemands installent place du Champ-de-Mars une station relais. Un rapport de la résistance saint-loise, daté de 1943 décrit cet ouvrage "entourée de murs en ciment de deux mètres de hauteur et de 0,80 d’épaisseur eux-mêmes de fils de fer barbelés" (Archives de la Manche, fonds Marcel Leclerc, 129 J 38).

 

Au printemps 1943, "entre l’hôpital et le rocher, les Allemands creusent profondément dans la rampe bordée de tilleuls. On dit qu’ils vont y faire un souterrain pour y mettre des munitions. Des Français y travaillent nombreux, naturellement la rue est fermée ; ce qui force les usagers à faire un grand détour par les rues Torteron et Havin, même des Noyers pour accéder à la route de Carentan. Il y a là un vrai chantier dont la destination fait naître mille suppositions" (Archives de la Manche, 1 Mi 24, journal de Mme Flattet). Au mois de juin 1944, des civils et une partie de l'hôpital s'y réfugient pour se protéger des bombardements.

 

 

Jérémie Halais & Nicolas Bourdet

 

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