“Un avis obligeant tout le monde à déposer son poste de radio” Léo, 9 avril 1944
Le 13/02/2019 à 11h49 par Archives Manche
Résumé

Les archives départementales, Maison de l'histoire de la Manche, répondent à Léo, un adolescent de 14 ans, qui témoigne sur Facebook des événements de l'année 1944, à Cherbourg et à Saint-Lô.
 

 

Durant l'Occupation, la propagande est omniprésente dans le quotidien des Manchois. L'information est étroitement contrôlée par l'occupant mais aussi par le régime de Vichy. Chaque nouvelle qui est publiée dans les journaux, ou diffusée à la radio, doit être au préalable validée par la censure.

 

La presse et la radio

La presse est censurée : les Manchois l’achètent par habitude, mais surtout pour connaître les prescriptions sur le ravitaillement, la liste des tickets de rationnement validés, les faits divers… Plusieurs titres ne se bornent pas à mettre en valeur les nouvelles concernant les succès de l’Allemagne et à dissimuler les reconquêtes alliées : ils soutiennent la collaboration, notamment par la plume de leurs éditorialistes.

 

Quant à la radio, le département étant proche des côtes anglaises, il faut empêcher que les Manchois puissent capter Radio Londres. Le 1er janvier 1943, les autorités allemandes stoppent donc la fabrication des postes de TSF avant d’en interdire la vente le 31 mars suivant. Ceci n’empêche aucunement ceux qui le peuvent de continuer à écouter les émissions autres que celles de la radio française de Vichy (rattachée à la radio allemande). L’étape suivante est la confisquation de tous les appareils de TSF.

 

Le Messager de la Manche, 24 mars 1944

 

La réquisition des postes de TSF

À Cherbourg, le 14 février, la presse locale se fait l’écho d’un avis allemand ordonnant la réquisition de tous les postes de TSF. Les menaces concernant cette réquisition sont très claires : travaux forcés, prison voire peine de mort.
 

Cherbourg-Eclair, 14 février 1944


Le 21 mars 1944, un arrêté préfectoral ordonne aux maires du département de procéder à la réquisition de tous les postes. Il s’agit d’une mesure prise pour toute la région de Normandie. Les autorités allemandes estiment en effet que "la population française, malgré la défense qui lui en a été souvent signifiée, continue à utiliser les appareils de TSF qui lui ont été laissés, pour écouter les émissions des pays en guerre contre l’Allemagne, et se laissent ainsi atteindre par la propagande pernicieuse de ces pays." Dans son rapport du 1er mars, le préfet observe que "la prise des postes de TSF [a provoqué] un certain émoi", "la population livre, à regret, cet instrument qu’elle considère comme un objet personnel et qui, le plus souvent, était l’objet de grands soins, celui-ci étant le fruit […] d’économies péniblement amassées".


Pour permettre à la population d’entendre les émissions françaises autorisées, les communes sont invitées à installer en mairie un appareil pour des auditions publiques, sous la responsabilité du maire.

 

Jérémie Halais & Nicolas Bourdet
 

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