“Nous avons quitté Cherbourg à cause des bombes” Léo, 16 mars 1944
Le 11/02/2019 à 13h44 par Archives Manche
Résumé

Les archives départementales, Maison de l'histoire de la Manche, répondent à Léo, un adolescent de 14 ans, qui témoigne sur Facebook des événements de l'année 1944, à Cherbourg et à Saint-Lô.

 

La défense passive désigne la protection des populations en cas de bombardement. Elle prend la forme d’une organisation chargée des alertes aériennes, de la construction, du recensement et de la gestion des abris, de la diffusion des mesures et conduite à tenir lors des alertes.

 

 

Carte de la défense passive de Saint-Lô, autorisation de circuler, détail
(Archives de la Manche, 1 J 12)

 

L’organisation de la Défense passive

Devenu un service d’État en 1942, la défense passive est organisée par arrondissements et communes. Le maire en est responsable dans sa commune. Les villes importantes sont divisées en secteurs et en îlots.

 

Pour l’exécution des mesures de défense passive, le maire fait appel à des engagés volontaires rémunérés par vacations et pourvus d’un casque, d’un masque, d’un brassard et d’une carte. Dès que l’alerte est donnée, ses membres doivent de se rendre immédiatement à leurs postes en tenue réglementaire, avec tout le matériel prévu.

 

En cas d’alerte

Les précautions à prendre en cas d’alerte sont affichées dans les lieux publics. Il faut rester tranquille ; vérifier le camouflage et, si possible, éteindre les lumières ; ouvrir de suite les portes ; s’éloigner des fenêtres de crainte d’éclats. Les passants et les habitants doivent se rendre aussitôt dans les abris, les voitures se ranger sur le côté droit et leurs passagers gagner l’abri le plus proche. Les clients des restaurants et des magasins sont dirigés vers l’abri de l’établissement. Défense est faite de quitter l’abri sans autorisation. Il est recommandé de se tenir de préférence dans les caves, si elles sont étayées et à double issue, ou bien dans les tranchées creusées dans les jardins ou les cours à une profondeur d’un mètre quarante avec une largeur de quatre-vingts centimètres. Il est conseillé de ne pas jeter d’eau sur les bombes incendiaires et de les éteindre en mettant du sable dessus. D’autre part, ceux qui ont un jardin sont invités à creuser une tranchée le plus loin possible de leur maison.

 

Des exercices réguliers ont lieu mais devant la répétition des alertes, les Saint-Lois se lassent. Ils continuent à ne pas respecter les consignes. Le 2 mars 1944, alors que la sirène sonne, Mme Flattet, une institutrice saint-loise qui rédige, au jour le jour, son journal intime, observe que "le personnel de la préfecture est en bavardage" et que, "pour tous", il s’agit d’une "récréation". Selon le préfet de la Manche, en avril-mai 1944, à Saint-Lô, "la population ne réagit plus du tout aux alertes sous prétexte que l’activité aérienne, qui se développe chaque jour davantage, ne donne pas lieu à des bombardements."

 

Jérémie Halais & Nicolas Bourdet

 

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