“Plus question de compter sur l’automobile” Léo, 28 février 1944
Le 11/02/2019 à 11h12 par Archives Manche
Résumé

Les archives départementales, Maison de l'histoire de la Manche, répondent à Léo, un adolescent de 14 ans, qui témoigne sur Facebook des événements de l'année 1944, à Cherbourg et à Saint-Lô.

 

L’occupation allemande est synonyme de toute une série d’obligations, de contraintes et d’interdictions, soumises à l’octroi ou le refus de diverses autorisations. Les restrictions concernant la liberté de circuler en constituent un exemple particulièrement révélateur.

 

Peu d’automobiles

Les premières prescriptions concernant les automobiles interviennent en 1940 avec l’obligation de camoufler les lumières la nuit. Il s’agit là d’une mesure de défense passive afin que les phares ne puissent pas servir de repères à l’aviation alliée. Dans la journée, les automobilistes ne peuvent faire usage de leur véhicule et acheter de l’essence sans autorisation de la Kreiskommandantur. Après un recensement général des automobiles, en août 1940, le nombre des voitures autorisées à circuler est réduit. En septembre 1940, il n’en reste plus que 2500 en circulation, privilège rare réservé à certaines catégories professionnelles comme les médecins.

 

Détail d'un placard allemand réglementant la circulation, 1er octobre 1940
(Archives de la Manche, 303 Fi 68)

 

Le 7 février 1944, la presse locale reproduit cet avis allemand : "Par ordre de la Feldkommandantur 722, les propriétaires de voitures de tourisme non autorisés à circuler sont invités à déposer à la mairie de leur commune, pour le 12 février au soir, les pneus, chambres à air et batteries de ces voitures. Ces objets devront porter très lisiblement le nom et l’adresse du propriétaire et le numéro d’immatriculation de la voiture. La non livraison du matériel demandé sera punie sévèrement par les autorités allemandes."

 

L’ordre administratif allemand

Les nombreuses contraintes et prohibitions allemandes sont communiquées à la population via des avis qui prennent la forme d’affiches ou de publications dans les journaux.

 

Elles le sont également via l’administration française, le préfet, les sous-préfets et les municipalités. D’ailleurs, l’ordre allemand repose sur un réseau hiérarchisé de Kommandanturen destiné à contrôler chaque échelon de l’administration française : la Feldkommandantur 722 au niveau départemental, la kreiskommandantur pour l’arrondissement, l’Ortskommandantur pour la ville. Ainsi, les maires sont les intermédiaires indispensables entre les Allemands et les civils. Mais, le plus souvent, ils demeurent impuissants face aux exigences des occupants.

 

La zone côtière interdite

En outre, la Manche est concernée par l’instauration d’une zone côtière interdite. Celle-ci a été créée à l’été 1941 et s’étend sur une bande de 30 km de largeur, allant d’Abbeville à Bayonne. Seules les personnes y ayant leur domicile peuvent y circuler, en sortir et y entrer librement à condition d’avoir sur elles leur carte d’identité visée par la Kommandantur. Les autres doivent être munies d’un Ausweiss délivré uniquement pour des raisons militaires, économiques, administratives, politiques ou familiales graves.

 

Nicolas Bourdet & Jérémie Halais

 

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