“Maman a voulu absolument descendre avec moi à la cave” Léo, 23 février 1944
Le 11/02/2019 à 10h18 par Archives Manche
Résumé

Les archives départementales, Maison de l'histoire de la Manche, répondent à Léo, un adolescent de 14 ans, qui témoigne sur Facebook des événements de l'année 1944, à Cherbourg et à Saint-Lô.

 

Les bombardements alliés à répétition contraignent les pouvoirs publics à prendre des mesures pour assurer la protection des populations. Tout au long de l’Occupation, les autorités doivent rappeler régulièrement les prescriptions en matières de Défense passive, c’est-à-dire la protection contre le danger aérien.

 

 

 

Des abris peu entretenus

La population semble peu respectueuse de ces mesures de sécurité. Voici un exemple d'article paru dans Le Messager de la Manche, le 7 janvier 1944.

 

 

À Saint-Lô, les abris ne sont pas entretenus. Les journaux doivent expliquer qu’il s’agit de "refuges, en cas d’alertes et de bombardements, et non des latrines ou des dépotoirs. Beaucoup de personnes […] s’obstinent […] à y déposer des ordures et des détritus de toutes sortes. Dans l’intérêt public, la municipalité a dû munir ces abris de portes. La clé se trouvait déposée dans une petite cage à paroi vitrée, qu’il était facile de briser en cas de besoin. Des gamins n’ont trouvé rien de mieux, que de fracturer les cages et de dérober les clés." ("Respectez les abris", Le Messager de la Manche, 5 juin 1942). Au début de 1944, la municipalité décide de rénover les tranchées abris qui, pour la plupart, ont été comblées depuis le début de l’Occupation.

 

Un danger bien réel

Pourtant, le danger aérien est réel. Saint-Lô, comme Cherbourg et d’autres localités manchoises, connaît plusieurs attaques entre 1940 et 1944. Le 13 août 1940, une bombe incendiaire de la Royal Air Force tombe rue de la Marne. Le 26 janvier 1942, un avion opère deux passages au-dessus de la ville, obligeant la DCA allemande à tirer. En juillet de la même année, "l’aviation anglaise fait des raids sur la région de Saint-Lô". Le 26 mars 1943, à 13 heures 30, six bombes explosives sont lâchées sur l’usine électrique d’Agneaux. Il n’y a pas de victimes mais les dégâts entraînent "dans le département une interruption complète de courant", "rétabli le jour même pour Saint-Lô, le lendemain pour le reste du département". En ce début d’année 1944, l’activité aérienne des Alliés sur le département de la Manche est de plus en plus importante et laisse présager que quelque chose se prépare…

 

Nicolas Bourdet & Jérémie Halais

 

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