“Pour la première fois, j’ai peur pour nous” Léo, 10 février 1944
Le 06/02/2019 à 13h24 par Archives Manche
Résumé

Les archives départementales, Maison de l'histoire de la Manche, répondent à Léo, un adolescent de 14 ans, qui témoigne sur Facebook des événements de l'année 1944, à Cherbourg et à Saint-Lô.

 

 

La menace d’évacuation a longtemps plané sur les Cherbourgeois durant l’Occupation. Plusieurs mises à exécution ont été ordonnées. En février 1944, la mesure est effective.

 

 

L’évacuation des enfants cherbourgeois

Les premières mesures d’évacuation de la population sont prises en 1941 et concernent des personnes âgées et des enfants du Cotentin. Il s’agit alors de les éloigner d’une "zone sensible" où les troupes allemandes sont nombreuses et les interventions de la Royal Air Force (RAF), l’aviation britannique, fréquentes. L’évacuation des enfants s’avère vite difficile, la plupart des parents désirant les garder près d’eux. Les premiers déplacements d’enfants ont lieu à l’automne 1941, dans le Saint-Lois ou le sud de la Manche. En juillet 1942, 20 % des enfants de Cherbourg et des environs sont partis. Mais pour la majorité (4000), les parents ont refusé la séparation.

Les "inutiles" évacués

En septembre 1942, les Allemands demandent aux autorités françaises l’évacuation partielle des principales communes de l’agglomération, soit près de 30 000 personnes. Les Allemands justifient ces mesures par la nécessité de mettre en sécurité les populations civiles. Mais, surtout, le ravitaillement des civils mobilise des transports nécessaires à l’approvisionnement de leurs troupes et de l’Organisation Todt. Les maires des communes concernées sont chargés de fournir au préfet des quotas selon les différentes catégories d’habitants : les "indispensables", les "nécessaires", les "utiles" et les "inutiles".

 

Le 10 avril 1943 est décidée l’évacuation partielle de l’agglomération. Le 17 avril, la sous-préfecture de Cherbourg dénombre 6 764 indispensables, 7 218 nécessaires, 9 299 utiles et 15 104 inutiles. Sont alors considérées comme indispensables les personnes travaillant pour l’armée d’occupation, le ravitaillement, le maintien de l’ordre ou la marche régulière de l’administration. L’évacuation doit débuter le 20 avril et être terminée pour le 1er mai. Il est prévu que la majeure partie des évacués soient dirigés sur le Loiret par des trains spéciaux. Mais, les personnes désignées préfèrent rester dans la Manche.

 

Le 1er mai 1943, en tenant compte des évacués non déclarés, le nombre des Cherbourgeois ayant quitté leur ville est estimé à plus de 12 000. Au 1er juillet 1943, sont partis plus de 21 000 habitants de l’agglomération. Une nouvelle évacuation d’habitants de Cherbourg et du canton d’Octeville est ordonnée en février 1944, date à laquelle la population de l’agglomération est remontée à 31 598 habitants.

 

Jérémie Halais & Nicolas Bourdet

 

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