“On entend depuis plusieurs minutes des grondements au loin” Léo, 8 février 1944
Le 06/02/2019 à 09h30 par Archives Manche
Résumé

Les archives départementales, Maison de l'histoire de la Manche, répondent aujourd'hui à Léo, un adolescent de 14 ans, qui témoigne sur Facebook des événements de l'année 1944, à Cherbourg et à Saint-Lô.

 

Ce mardi 8 février 1944, la région cherbourgeoise a été touchée par de nombreux bombardements entre 15 h 30 et 16 h. La DCA (défense contre avions) a riposté : au moins un appareil allié a été touché. Selon plusieurs témoins, ses occupants ont, semble-t-il, sauté en parachute. L’objectif visé devait être le château de Chiffrevast où réside un état-major allemand. Ce jour-là, deux aviateurs alliés ont reçu l’aide de civils. Au Theil, Ferdinand Lemonnier a transporté puis caché l’officier Covington. À Tourlaville, un second aviateur est hébergé par Camille Leclerc.

 

 

Affaiblir le Reich

Pendant toute la durée de l’Occupation, des avions alliés survolent le ciel manchois comme dans tout le quart nord-ouest de la France. Ils ont pour objectifs de perturber les mouvements de l’armée allemande ou les ressources économiques qui pourraient servir l’effort de guerre du Reich. Les gares, les voies ferrées, les ponts, les ports ou les usines sont donc visés. À l’approche du débarquement, il s’agit également d’affaiblir les défenses allemandes, notamment, les aérodromes ou, sur les côtes, les installations défensives du Mur de l’Atlantique.

 

L’aérodrome de Maupertus, par exemple, a été transformé en une importante base aérienne allemande avec une piste goudronnée de 1 700 mètres de long, plusieurs escadrilles en permanence et 3 800 hommes. Il a servi ou sert de base de départ d’abord pour bombarder l’Angleterre, puis pour intercepter les bombardiers alliés.

 

(Archives de la Manche, 5 Fi 105)

602 bombardements sur la Manche

Entre le 26 juin 1940, date du premier bombardement allié sur le département de la Manche et le 5 juin 1944, date des derniers bombardements alliés précédant le jour J, 602 bombardements et 135 mitraillages alliés ont été recensés et localisés par la police, la gendarmerie ou la Défense passive. Plus de la moitié se déroulent au cours de l’année 1944 : 312 bombardements et 40 mitraillages, du 1er janvier au 5 juin 1944, soit presque 2,5 par jour.

 

Évidemment, ces opérations occasionnent des décès. Entre le 26 juin 1940 et le 5 juin 1944, 405 victimes manchoises ont été identifiées. Les Cherbourgeois sont surreprésentés, ce qui s’explique par le choix des sites bombardés ou mitraillés : l’arsenal de Cherbourg, les chantiers allemands, les gares. La presse locale ne ménage pas ses critiques à l’égard des actions dévastatrices et meurtrières des Alliés, la population ne les comprend pas toujours lorsqu’elle est atteinte dans sa chair ou ses biens.

 

Jérémie Halais & Nicolas Bourdet

 

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