“Tout le monde n’a pas la chance d’avoir de la famille qui vit à la campagne” Léo, 6 février 1944
Le 06/02/2019 à 08h48 par Archives Manche
Résumé

Les archives départementales, Maison de l'histoire de la Manche, répondent aujourd'hui à Léo, un adolescent de 14 ans, qui témoigne sur Facebook des événements de l'année 1944, à Cherbourg et à Saint-Lô.

 

Au début de l’année 1944, personne n’échappe aux difficultés liées à la guerre ou à l’Occupation, au harcèlement du quotidien que représentent les réquisitions et le rationnement.

 

 

Tout ce qui est rare est cher

La pénurie apparaît pendant la drôle de guerre. En effet, dès septembre 1939, la mobilisation des hommes entraîne un manque de main-d’œuvre qui perturbe les capacités de production agricole et industrielle. En outre, les échanges internationaux se réduisent. Bien évidemment, on ne commerce plus avec les pays ennemis, mais il est aussi difficile d’échanger avec les pays alliés ou neutres. Les routes maritimes et terrestres sont en effet menacées par les opérations militaires.

 

(Archives de la Manche, collection des placards de la seconde guerre mondiale, 303 Fi)

 

Avec l’Occupation, les nombreuses impositions allemandes viennent contraindre encore un peu plus une économie déjà fragilisée. La rareté entraîne une augmentation des prix et une baisse du niveau de vie.

 

Le rationnement

Dès l’automne 1939, les pouvoirs publics instaurent donc des mesures de rationnement pour limiter les effets de la pénurie. Au mois de mai 1940, les consommateurs sont répartis en 8 catégories, avec, pour chacune, la ration journalière de pain correspondante. Les cartes d’alimentation et les tickets d’alimentation font leur apparition. Par la suite, entre 1940 et 1944, les produits alimentaires, les biens manufacturés ou les matières premières sont successivement rationnés. Enfin, pour combattre la vie chère, les produits sont soumis au régime de la taxe. Autrement dit, les prix sont bloqués.

 

 

Entraide et système D

Il n’y a pas que les pouvoirs publics qui s’organisent pour combattre la pénurie et l’inflation. La population développe de nouvelles pratiques. On s’entraide, on recycle, on se débrouille. La solidarité, en particulier, peut jouer plus facilement dans un département rural comme la Manche. En effet, les nombreuses exploitations agricoles permettent de s’approvisionner plus facilement que dans les grandes agglomérations.

 

Bien qu’obligation soit faite à tous les agriculteurs de livrer la totalité de leur beurre à des établissements-collecteurs, les beurres fermiers échappent en général à tout contrôle et approvisionnent les circuits parallèles, celui de la solidarité avec la famille, les voisins, les amis, voire celui du marché noir (avec les Français) ou du marché brun (avec les troupes d’occupation).

 

Jérémie Halais & Nicolas Bourdet

 

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