Overlord
Le 06/06/2017 à 10h08 par Archives Manche
Résumé

Dès juin 1940, Winston Churchill envisage de reprendre pied sur le continent occupé par l’Allemagne nazie. Cette volonté est renforcée, en décembre 1941, après l’entrée en guerre des États-Unis qui désignent le Reich comme l’ennemi principal. D’autant que l’URSS ne cesse de réclamer l’ouverture d’un second front depuis l’invasion de son territoire par la Wehrmacht, en juin 1941.

 

Réunie à Washington, en mai 1943, la conférence interalliée Trident décide qu’un débarquement doit avoir lieu en France pour le 1er mai 1944 et lui donne un nom de code : Overlord. À cette date, les chefs alliés ont tiré des enseignements des débarquements au Maroc et en Algérie (8 novembre 1942) puis en Sicile (10 juillet 1943). En décembre 1943, nommé commandant suprême d’Overlord, Eisenhower fixe le débarquement pour le 5 juin.

 

Deux sites sont alors envisagés : le Pas-de-Calais et la baie de Seine. Le premier offre un avantage géographique, sa proximité avec l’Angleterre qui faciliterait l’acheminement des troupes mais c’est aussi le secteur du Mur de l’Atlantique le mieux fortifié. Plus éloignée et moins défendue, la baie de Seine est, en outre, située entre deux ports en eaux profondes, Le Havre et Cherbourg. C’est aussi le secteur où les Allemands s’attendent le moins à un débarquement.

 

Fortitude, un plan d'intoxication

Au début 1944, des centaines de milliers de GI’s et leur matériel ont été acheminés en Grande-Bretagne alors que l’US air force, d’une part, et la Royal air force, d’autre part,  intensifient leurs bombardements sur l’Europe occidentale.

 

Tous ces préparatifs ne passent pas inaperçus du côté allemand. Les Alliés en sont bien conscients et lancent l’opération Fortitude. L’objectif est de mener une campagne d’intoxication pour induire Hitler et ses stratèges en erreur sur le lieu de l’invasion. Péniches factices en carton-pâte, chars gonflables et convois vides encombrent le Kent sous le commandement du général Patton, nommé à se poste par Eisenhower pour le « punir » d’avoir giflé un soldat en Sicile.

 

 

En juin, la phase finale est lancée

 

Début juin, tout est prêt pour la phase finale. Le 2 juin, les bâtiments de guerre se regroupent en mer d’Irlande. Dans tout le sud de l’Angleterre, des colonnes de blindés et d’hommes sac au dos s’ébranlent dans de longues files vers les ports du littoral. Le 3 juin, les premières troupes d’assaut embarquent sur les navires. Près de Portsmouth, Eisenhower et les chefs de la coalition tiennent désormais, deux fois par jour, des réunions d’état-major. Le matin du 4 juin, les bulletins annoncent une météo mauvaise pour le lendemain. Le débarquement doit être repoussé de 24 heures ce qui oblige à rappeler les premiers transports de troupes ayant pris la mer. Sur les aérodromes, les parachutistes américains et anglais doivent encore patienter avant de s’embarquer dans les transports aériens. Le 5 juin, au matin, après un tour de table, Eisenhower décide que le débarquement aura lieu le 6 juin au matin, précédé, dans la nuit, par des parachutages, à l’est, dans le Calvados et, à l’ouest, dans la région de Sainte-Mère-Église.

 

« Nos débarquements dans la région de Cherbourg-Le Havre n’ont pas réussi à conquérir une tête de pont suffisante », tels sont les premiers mots de la lettre que rédige le commandant en chef aussitôt sa décision prise…

 

Jérémie Halais

 

Le Débarquement dans la bibliothèque des archives de la Manche

 

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