Le plus ancien registre paroissial de la Manche
Le 30/03/2017 à 12h01 par Archives Manche
Résumé

Le plus ancien registre paroissial de la Manche conservé est celui des baptêmes et mariages de Sourdeval-la-Barre pour les années 1529 à 1562.

 

Le registre des baptêmes et mariages de Sourdeval (1529 à 1562) est le plus ancien registre paroissial conservé par les archives de la Manche. Il débute dix années avant l’édit de Villers-Cotterêts (1539) qui ordonne au clergé de tenir des registres de baptême et de rédiger les actes en français. Les deux collections des registres paroissiaux de Sourdeval ont été détruites en 1944, l’une à la mairie, l’autre aux archives départementales. Celui-ci a échappé au sinistre car il avait été confié à un chercheur qui l’a restitué aux archives de la Manche en 1964. Il a été restauré en 2003 par l’atelier Pergamena (La Trinité-sur-Mer, Morbihan).
 

 

Registre de Sourdeval-la-Barre, 1529-1563 (Archives de la Manche, E dépôt Sourdeval-la-Barre, E 1)

Des actes en français

Signée le 25 août 1539 par François Ier, l’ordonnance de Villers-Cotterêts (actuel département de l’Aisne) est connue pour avoir étendue la tenue des registres de baptêmes et, par ailleurs, pour avoir généralisé l’usage du français en lieu et place du latin dans la rédaction des actes relatifs à la vie publique du royaume. Elle marque une étape importante dans le mouvement de renforcement de l’autorité royale. Après les 14e et 15e siècles, marqués par la guerre de Cent Ans et les troubles des princes, la monarchie n’a de cesse de reconquérir le terrain perdu et cela est particulièrement vrai dans le domaine juridique. L’objectif de l’ordonnance de 1539 est de faciliter la bonne compréhension des actes royaux par les sujets.
 

L’ordonnance ne fait que généraliser une pratique apparue à la fin du Moyen Âge à l’initiative des autorités ecclésiastiques. La tenue du registre est de la responsabilité du curé qui y enregistre les baptêmes, les mariages et les sépultures. Ces registres sont les ancêtres de l’état civil instauré à la Révolution avec lequel ils présentent cependant de nombreuses différences. Tout d’abord, l’état civil concerne l’ensemble de la population, et non plus seulement les catholiques, puisqu’y sont enregistrés les naissances et les décès en lieu et place des baptêmes et des sépultures. Ensuite, ils ne sont pas tenus par le curé et conservés à l’église mais c’est le maire, officier d’état civil, qui en a la charge

 

Jérémie Halais
 

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